Rien de tel qu’une enquête du commissaire Montalbano pour oublier soucis et grisailles. Dosant à la perfection humour, humanité, drame et descriptions culinaires alléchantes, L’âge du doute fait partie des très bons Camilleri. Comme son créateur, le célèbre commissaire sicilien prend de l’âge, le Dr Pasquano, médecin légiste et complice de longue date, ne manque du reste pas de le lui rappeler systématiquement, non sans cruauté. Cela n’empêche pas Montalbano de tomber éperdument amoureux d’une jeunette, le lieutenant Belladonna la bien nommée – elle a 33 ans, il en a 58 – alors qu’il enquête sur les activités louches du Vanna, un yacht venu mouiller au port de Vigàta après avoir récupéré un canot à la dérive contenant un cadavre défiguré. Flanqué de son inénarrable collaborateur Catarella, qui ne cesse d’estropier la grammaire et les noms, le commissaire tirera brillamment les choses au clair et parviendra à démanteler un important trafic de diamants. Mais il y laissera des plumes. On compte sur la délicieuse nourriture de sa bonne Adelina pour atténuer sa tristesse, ses regrets et ses remords.
«L’âge du doute». Une enquête du commissaire Montalbano. D’Andrea Camilleri. Fleuve noir, 248 p.