Un roman d’espionnage? Certes, mais accessible et passionnant même pour ceux que le genre d’ordinaire rebute. Dans Le passager d’Istanbul de Joseph Kanon, pas de risque de s’égarer dans un dédale de services secrets aux acronymes obscurs. Les Américains d’un côté, les Russes de l’autre et les Turques au milieu, les fronts restent assez simples. Pour les voyageurs en chambre, ce roman palpitant s’avère en outre une excellente façon de découvrir la Perle du Bosphore, ou du moins ce quelle était au lendemain de la Seconde Guerre mondiale.

Notre guide s’appelle Leon Bauer. Il parle turc et connaît bien la ville, son histoire, ses recoins, ses couleurs, ses odeurs. Officiellement, il travaille comme acheteur dans une société américaine importatrice de tabac. Officieusement, il rend quelques services au numéro deux du consulat américain. Et dès qu’il le peut, il se rend au chevet de sa femme Anna qui travaillait pour le Mossad et qui a sombré dans le mutisme et la mélancolie après le naufrage d’un bateau rempli d’enfants juifs en partance pour la Palestine.

La guerre est finie. Leon se voit toutefois chargé d’une ultime mission: récupérer, de nuit, un Roumain en possession d’importants secrets russes et le mettre en lieu sûr. L’opération tourne mal. Le commanditaire est tué. Leon se retrouve seul avec son encombrant colis. Un individu peu reluisant, un véritable boucher responsable d’effroyables massacres de Juifs. Doit-il le livrer, trahir sa confiance et le condamner à une mort certaine? A-t-il le droit de l’aider à s’échapper? Piégé dans un monde qui semble tout entier régi par la duplicité, notre espion au grand coeur se retrouve « devant deux choix possibles, et mauvais tous les deux. » Mais se valent-ils vraiment?

 

 « Le passager d’Istanbul ». De Joseph Kanon. Traduit de l’anglais par Lazare Bitoun. Seuil, 486 p.

                   En librairie le 11 septembre. 

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Mireille Descombes

Scènes et mises en scène: le roman policier, l'architecture et la ville, le théâtre. Passionnée de roman policier, Mireille Descombes est journaliste culturelle indépendante, critique d'art, d'architecture et de théâtre.

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Scènes et mises en scène: le roman policier, l’architecture et la ville, le théâtre. Passionnée de roman policier, Mireille Descombes est journaliste culturelle indépendante, critique d’art, d’architecture et de théâtre.

Photo: Lara Schütz

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