A Palma de Majorque, tout se passe en famille. Même les crimes. Et bien sûr aussi les enquêtes policières. Quand le lieutenant de la guardia civil Bruno Montaner se met à soupçonner sa propre cousine, et collaboratrice, Pilar Más des horribles meurtres qui fleurissent sur  l’île, on imagine sans peine les affres d’angoisse et de culpabilité dans lesquels le plongent de telles pensées. L’un des innombrables rebondissements de Quand la lune sera bleue de Martín Solanas, un excellent polar à l’écriture pétillante et soignée qui nous révèle, dans la foulée, quelques secrets de famille terrifiants.

 

Après avoir savouré Par le sang de l’ermite paru fin 2012 (lire « Méfiez-vous des ermites! » dans Polars et Polis), il faut donc sans hésiter se précipiter sur cet autre roman de l’auteur espagnole, le premier volet de ses Suites majorquines, publié en 2008. On y fait plus ample connaissance avec toute l’équipe de Montaner, on y hume les parfums et les odeurs de Majorque, on s’attendrit devant ses abuelas (grands-mères) adorables et l’on salive en s’invitant dans les petits bistrots où notre policier emmène ses collaborateurs épuisés déguster escargots et cochon de lait grillé. Mais surtout, on y découvre que la gestion des ordures à Palma, par le biais de grosses bornes de récupération métalliques, n’a rien à envier à la nôtre, et qu’elle aussi semble avoir pris quelques leçons chez Kafka. Voyez plutôt!

 

« Le système de collecte des « résidus urbains solides« , comme on les appelait dans le journal, était géré par ordinateur, vingt-quatre heures sur vingt-quatre. Une merveille technologique. Quand le container sous la bouche de récupération était plein, un puissant flux d’air pulsé se déclenchait automatiquement et emportait son contenu dans le tuyau. Si un objet trop volumineux bouchait la canalisation, une alarme résonnait au poste de contrôle. » C’est  l’un de ces blocages qui permettra de découvrir un avant-bras humain curieusement empaqueté. Le début d’un macabre et machiavélique jeu de piste organisé par le tueur à l’intention de la police.

« Quand la lune sera bleue ». De Martín Solanes. J’ai lu, 383 p.

 

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Mireille Descombes

Scènes et mises en scène: le roman policier, l'architecture et la ville, le théâtre. Passionnée de roman policier, Mireille Descombes est journaliste culturelle indépendante, critique d'art, d'architecture et de théâtre.

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A propos de ce blog

Scènes et mises en scène: le roman policier, l’architecture et la ville, le théâtre. Passionnée de roman policier, Mireille Descombes est journaliste culturelle indépendante, critique d’art, d’architecture et de théâtre.

Photo: Lara Schütz

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