Curieux ovni dans le ciel culturel d'avril, Transmission de Christophe Jaquet se présente comme une "capsule temporelle scénique à destination du futur". S'appuyant sur les théories du biologiste Gerald R. Crabtree, elle s'adresse à nos descendants qui, selon ce scientifique américain, devraient disposer d'une intelligence différente, et à priori inférieure à la nôtre. Voilà qui permet au metteur en scène et à ses interprètes de laisser libre court à leurs fantasmes de régression plus ou moins trash tout en recourant aux travestissements les plus cocasses.
Compliqué? Rassurez-vous. Proche de la performance, associant danse, musique déjantée et clins d'œil en tous genres, ce "portrait souvenir" de ce que nous fûmes se présente comme une série de tableaux indépendants dont l'esthétique grinçante évoque les univers des plasticiens Cindy Sherman ou Olaf Breuning. C'est bien enlevé, drôle et percutant, en dépit de quelques longueurs et redites regrettables. Elles conviennent mal à ce type de propos.
"Transmission". Mise en scène Christophe Jaquet – The National Institute (CH). Lausanne. Arsenic. Jusqu'au 13 avril.