Pour leur première rentrée à la tête du Théâtre des Osses, Geneviève Pasquier et Nicolas Rossier ont choisi une pièce à la fois programmatique et symbolique: L'Illusion comique de Corneille. Cette comédie en cinq actes utilise le conflit des générations, soit la brouille entre un père et son fils, pour donner à réfléchir sur l'essence du théâtre. Une façon pour les nouveaux directeurs de s'affirmer, sans pour autant renier l'héritage des deux fondatrices de l'institution fribourgeoise, Gisèle Sallin et Véronique Mermoud.

Ecrite en 1635 –  Corneille a  alors 29 ans – L'Illusion comique joue sur différents niveaux. On assiste d'abord à la rencontre entre le père Pridamant et le mage Alcandre. Ce dernier lui propose, par un procédé magique, de lui faire découvrir les étapes de la vie de son fils Clindor qu'il n'a plus revu depuis 10 ans. L'essentiel de la pièce se concentre alors sur les amours, aventures et mésaventures du jeune homme. Jusqu'au retournement final.

La pièce est étrange, et difficile. Certains y ont vu un texte précurseur des savantes mises en abyme de Luigi Pirandello. S'appuyant sur un jeu de paravents et de miroirs un peu convenu, Geneviève Pasquier et Nicolas Rossier privilégient les images et les astuces visuelles au détriment du texte et de ses enjeux. A la tête d'une équipe de comédiens aux prestations inégales – on relèvera la belle présence d'Edmond Vullioud en Alcandre – les deux metteurs en scène ressemblent à des jongleurs ivres de leur liberté, passant de la tempête de neige et de l'apparition du mage en fantôme d'opérette aux onomatopées de bande dessinée. Leur Illusion comique glisse du côté du vaudeville, et laisse sur sa faim.

 

"L'illusion comique" de Pierre Corneille. Mise en scène Geneviève Pasquier et Nicolas Rossier. Givisiez (FR). Théâtre des Osses. Jusqu'au 23 novembre.

Tournée dès fin octobre. Et notamment: Genève. Comédie, du 28 octobre au 2 novembre. Vevey. Le Reflet – Théâtre de Vevey, le 6 novembre. Lausanne. Grange de Dorigny, du 13 au 15 novembre. 

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Mireille Descombes

Scènes et mises en scène: le roman policier, l'architecture et la ville, le théâtre. Passionnée de roman policier, Mireille Descombes est journaliste culturelle indépendante, critique d'art, d'architecture et de théâtre.

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A propos de ce blog

Scènes et mises en scène: le roman policier, l’architecture et la ville, le théâtre. Passionnée de roman policier, Mireille Descombes est journaliste culturelle indépendante, critique d’art, d’architecture et de théâtre.

Photo: Lara Schütz

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