Pauvre Pilar Más! Alors qu’enfin, elle est en vacances et vient de renouer avec Mike, son ex-petit ami, la voilà brusquement convoquée sur le lieu d’un crime atroce. Adam, le novice de l’ermitage de Valldemossa a été assassiné. Il gît dans le potager, horriblement déchiqueté avec sa propre bêche. Une scène terrifiante qui contraste avec la stupéfiante beauté des lieux. Sur place, l’impétueuse photographe de la police nationale de Palma retrouve son cousin, le lieutenant Bruno Montaner. Et ce qui pourrait bien être les traces de son passé maudit. Mais rassurez-vous, le pire sera évité, « l’Apocalypse ne sera pas encore pour cette fois ».
Du suspense, des personnages complexes et attachants, dont une « grand-mère » qui passe ses nuits à lire des polars, des paysages magnifiques et quelques plats typiques qui vous mettent l’eau à la bouche, fabas cuinades, mantegades d’ametlla ou coca de taronja. Avec ce deuxième volet de ses Suites majorquines, Martín Solanes signe un polar parfaitement réussi tout en partageant généreusement avec son lecteur sa passion pour une île trop souvent réduite à sa caricature touristique.
Après avoir dévoré Par le sang de l’ermite, on n’a donc qu’une envie. Sauter dans un avion, ou dans un bateau, pour partir se balader avec Montaner dans Palma, la nuit. « Les rues sinueuses du vieux Palma étaient désertes. Les façades des palais assoupis dans la lumière jaune de l’éclairage public jalonnaient sa marche nocturne. La soirée était douce. Le silence irréel. Mal adaptée à la trivialité des occupations quotidiennes, la vieille cité recouvrait sa magie à la nuit tombée. L’impression d’être un personnage de film, d’arpenter un décor trop somptueux pour l’habiter vraiment étreignait Montaner. »
« Par le sang de l’ermite ». De Martín Solanes. Flammarion, 315 p.