La Belgique se retrouve au cœur de l'actualité estivale avec l'intronisation de son nouveau roi. Voici donc "L'affaire du tarot", un excellent polar brugeois, et l'un des meilleurs de l'inégal Pieter Aspe, dont une dizaine de livres ont été traduits en français.
En couple avec la jeune et craquante juge d'instruction Hannelore Martens, le commissaire Van In n'a rien perdu de ses multiples appétits. Entre deux parties de jambes en l'air, il se régale de fricadelles et de frites arrosées par une, deux, voire trois de ses chères Duvel. Son adjoint et ami l'inspecteur Versavel carbure, lui, au Perrier. Alors que, depuis quelque temps, l'actualité criminelle s'avère des plus maigrichonnes, le duo se met en tête de rouvrir un dossier vieux de vingt ans et menacé par la prescription, l'affaire dite du tarot. Le colonel Hilaire Hautekiet, le père Desmidt et le conseiller municipal Etienne Vollekindt avaient été assassinés dans un très court laps de temps, et semble-t-il par la même personne. Détail aussi intriguant qu'inexpliqué: on avait retrouvé une carte du tarot à côté de chacun des trois corps.
Dans une Bruges fouettée par un méchant vent d'est et qui grelotte sous la neige, nos deux enquêteurs reprennent contact avec l'inspecteur adjoint qui avait mené l'enquête à l'époque, puis avec les témoins. Le résultat ne se fait pas attendre. Trois meurtres ont lieu en une semaine, selon le même mode opératoire qu'il y a vingt ans. Au terme d'une enquête pas toujours orthodoxe, Van In et son équipe démasquent le coupable. Et comme souvent, chez Pieter Aspe , les dernières pages prennent des allures de feu d'artifice. Cela tire de partout, tout explose, tout devient possible, probable, et permis.
"L'affaire du Tarot". De Pieter Aspe.
Traduit du néerlandais par Emmanuèle Sandron. Albin Michel, 286 p.