Inspirée par le Dom Juan de Molière, C'est une affaire entre le ciel et moi, la nouvelle création de L'agence Louis-François Pinagot, n'a rien d'une relecture, même iconoclaste, de la pièce. Fidèle à sa pratique de l'écriture de plateau, le metteur en scène Christian Geffroy Schlittler s'approprie ici le mythe pour mieux le dynamiter. Résultat: une création collective drôle, enlevée, un brin déjantée et fort bien jouée, où les acteurs deviennent les créateurs de leur propre personnage et où les propos se glissent avec délice dans les clichés les plus éculés.
L'histoire se passe en plein air, dans un jardin aux allures de parc public. Elle démarre à l'aube d'hypothétiques fiançailles après une nuit que l'on devine pour tous agitée et bien arrosée. Surviennent, l'un après l'autre, les personnages qui règlent leur compte avec l'amour, le désir et la liberté tout en nous rappelant à loisir que tout cela n'est que fiction et que, rires, pleurs ou suicide, on est et reste au théâtre.
Le problème, c'est que l'on ne comprend ni le pourquoi, ni les enjeux de cette succession d'empoignades et de confessions hystériques qui revisitent sans grande imagination les thèmes de la séduction, de la liberté des femmes et du défi. La difficulté des interprètes et du metteur en scène à conclure est symptomatique. A trop volontairement s'égarer, on finit par ne plus trouver la sortie.
Genève. Théâtre Saint-Gervais. Jusqu'au 18 avril. Monthey. Théâtre du Crochetan. Le 9 mai. Lausanne. Arsenic. Du 13 au 18 mai.