Qu’emporter dans vos bagages si vous passez vos vacances en musique à Orange, Bayreuth, Salzbourg ou Verbier? Les excellents polars du Canadien Morlay Torgov, sans hésitation. Commencez, bicentenaire oblige, par Le maître chanteur de Minsk. Ce gros roman, récemment paru chez Actes Sud, vous emporte dans le Munich de 1868 au cœur de la galaxie Wagner. Aussi génial que tyrannique, le grand maître prépare dans la fièvre la première représentation de ses Maîtres chanteurs de Nuremberg quand arrive une troublante lettre de menace, suivie de plusieurs meurtres. Qu’a donc fait Richard Wagner pour mériter tant de haine? Le mélomane inspecteur Hermann Preiss mène l’enquête avec la complicité tendre de son amie violoncelliste, la belle Helena Becker. Sachez toutefois qu’au royaume de la musique, les coupables, même démasqués, ne sont pas forcément punis.
Conquis? Alors remontez encore un peu dans le temps et invitez vous, au début des années 1850 à Düsseldorf, chez Clara et Robert Schumann. Première enquête du policier Hermann Preiss, Meurtre en la majeur conjugue avec brio amour passion, grande musique et folie. Celle de Robert, bien sûr. Un délire encore exacerbé par un «la» trop haut qui hante et tourmente le compositeur, obsession que ses proches se hâtent un peu vite d’attribuer à sa maladie. Qui a dit que la musique adoucissait les mœurs ? Pas Morley Torgov en tout cas.
Et si votre faim de polars musicaux n’est pas encore satisfaite, laissez-vous séduire, dans un tout autre genre, par les thrillers palpitants du violoniste franco-israélien Igal Shamir. L’auteur, qui fut aussi pilote dans l’armée israélienne, met en scène, dans Le Violon d’Hitler et dans Via Vaticana , une traque aussi dangereuse que passionnante associant le violoniste virtuose Gal Knobel, les services secrets, le mystère des Stradivarius et l’Eglise. Résolument dépaysant.
«Le maître chanteur de Minsk». De Morley Torgov.
Traduit de l’anglais par Céline Schwaller. Actes Sud, 364 p.
«Meurtre en la majeur». De Morley Torgov.
Traduit de l’anglais par Laurent Bury. Babel noir, 313 p.

« Le violon d’Hiter ». D’Igal Shamir. Points, 345 p.
«Via Vaticana». D’Igal Shamir. Points, 381 p.