Ce livre est un cadeau. A se faire à soi-même, puis à offrir aux autres. Bien sûr, la littérature ne manque pas d’histoires de vieilles dames indignes qui soudain revendiquent avec superbe leur indépendance et leur liberté. « Teruko & Loui » d’Inoue Areno n’en reste pas moins unique, et différent. D’abord que l’histoire se passe au Japon, mais pas seulement. Outre par la qualité de son style et la richesse de ses personnages, l’auteure – née en 1961 à Tokyo et lauréate en 1989 du prix Femina japonais pour son premier roman – se distingue par la finesse de son propos. Si Teruko et Loui, toutes deux septuagénaires, prennent soudain la clé des champs, c’est en réalité pour combler une béance bien plus ancienne que la simple vacuité d’un quotidien désespérant. L’auteure s’offre ainsi le luxe d’inclure dans son récit un twist final digne des meilleurs romans policiers. Jubilatoire !

Au départ, deux vaillantes septuagénaires qu’apparemment tout oppose. Teruko et Loui se connaissent depuis l’école, mais elles ne sont devenues amies que plus tard, une fois adultes. Femme au foyer, Teruko a lié, depuis quarante-cinq ans, son existence à un mari odieux. Loui est chanteuse, et affectionne particulièrement la chanson française. Elle s’habille de vêtements extravagants de couleurs vives et, de façon totalement inattendue, a choisi de terminer sa vie dans un foyer – ou plus élégamment dit une résidence – pour vieux. Très vite, toutefois, elle n’en peut plus, se sent devenir folle et appelle son amie à son secours. Sans hésiter, Teruko accourt, laissant derrière elle pour son époux un message laconique et éloquent: « Adieu. Je commence à vivre aujourd’hui. »

Le bonheur de conduire un camion 

La suite est absolument délectable, car les deux femmes ne reculent devant aucun obstacle et font preuve d’une imagination sans limite pour enfin se doter d’une existence à la hauteur de leurs désirs. Elles commencent par squatter une résidence secondaire inhabitée sans gaz ni électricité, l’aménagent pour la rendre plus confortable, boivent, bouquinent, se font de nouveaux amis, se confrontent à l’immense générosité de certains et à la stupidité bornée de quelques autres. Loui chante dans un café, Teruko tire les cartes dans un autre et réalise son rêve de toujours : conduire un camion.

L’hiver approche, puis s’installe, et cette période enchantée culmine dans la préparation d’un Noël d’anthologie. Car oui, j’oubliais de le préciser, Teruko est une cuisinière hors pair dont les menus feront saliver plus d’un lecteur et dont le café possède un arome sans pareil. Quant à Loui, elle tricote avec ardeur une paire de moufles personnalisées pour chacun des participants, noires avec un motif de tulipes rose, vert frais avec une fleur blanche ou bleues avec des vagues blanches brodées. Et l’histoire n’est pas terminée car nos deux héroïnes, à leur manière, sont devenues immortelles, et surtout bien décidées à déguster chaque bouchée et chaque gorgée de ce qu’elles ont encore de vie devant elles.

 

« Teruko & Loui ». D’Inoue Areno. Traduit du japonais par Patrick Honnoré. Editions Picquier, 238 p.

Ce livre est un cadeau. A se faire à soi-même, puis à offrir aux autres. Bien sûr, la littérature ne manque pas d’histoires de vieilles dames indignes qui soudain revendiquent avec superbe leur indépendance et leur liberté. « Teruko & Loui » d’Inoue Areno n’en reste pas moins unique, et différent. D’abord que l’histoire se passe au […]

Voilà l’une des plus belles découvertes de ce début d’année ! « Sombres Plantations » de Nilima Rao se révèle en effet totalement surprenant, plein d’humour et riche en enseignement. Le terme peut paraître pompeux, il n’est pas trop fort. Grâce à l’auteure, une Australienne indo-fidjienne qui vit aujourd’hui à Melbourne, le lecteur se téléporte dans les années 1910 et débarque incognito à Suva, la capitale des Fidji. Outre l’incroyable beauté des paysages, il y découvre l’hypocrisie et l’opportunisme du système colonial britannique qui, pour disposer d’une main d’œuvre bon marché et corvéable à merci, recourt au système de l’engagisme. Les coolies, tel est leur nom, sont des Indiens très pauvres qui s’engagent à travailler cinq ans dans les plantations de canne à sucre pour un salaire de misère et dans des conditions de vie misérables. Une sorte de servage sous contrat qui fut, au début du XXe siècle, le triste lot des arrière-grands-parents de l’auteure.

Nilima Rao a donc choisi le polar pour enquêter sur ses origines et rendre hommage à ses ancêtres. Son livre démarre au commissariat de Totogo, au centre de Suva, par un joyeux chahutage entre le sergent Akal Singh, un Indien arrivé il y a six mois de Hong Kong, et Taviti, le brigadier fidjien de service. Le premier, un sikh, rencontre en effet quelques difficultés à passer les portes sans mettre à mal la rectitude de son turban qu’il peine ensuite à remettre d’aplomb faute de miroir. Mais trêve de plaisanterie ! Kunti, une coolie, a disparu. Elle travaillait dans une plantation à Nakavu. Son propriétaire assure qu’elle a fugué, mais le père David Hughes, un missionnaire catholique, n’en croit rien. Elle n’aurait jamais abandonné sa fille. Le prêtre pense qu’elle a été enlevée et vient d’alerter la presse. Il n’est donc plus possible d’étouffer l’affaire.

Sans tarder, Akal Singh est envoyé dans la plantation en compagnie d’un médecin britannique plein d’humanité et d’empathie, le Dr. Robert Holmes (!). Sur place, notre sergent est totalement atterré par ce qu’il découvre, en particulier par le traitement dégradant et les violences sexuelles subies par les femmes. Lui-même victime du racisme et du mépris des possédants anglais, il va patiemment dénouer les fils d’un véritable tapis de mensonges avant de brillamment mettre au jour la sinistre et tragique vérité.

 

« Sombres Plantations. Enquête aux Fidji ». De Nilima Rao. Traduit de l’anglais par Mireille Vignol. Editions Au Vent des îles (Tahiti), 246 p.

Voilà l’une des plus belles découvertes de ce début d’année ! « Sombres Plantations » de Nilima Rao se révèle en effet totalement surprenant, plein d’humour et riche en enseignement. Le terme peut paraître pompeux, il n’est pas trop fort. Grâce à l’auteure, une Australienne indo-fidjienne qui vit aujourd’hui à Melbourne, le lecteur se téléporte […]

Brillant auteur de polars maintes fois récompensé, le Japonais Keigo Higashino, né en 1958 à Osaka, ne s’interdit pas d’explorer d’autres territoires. Dans « Le Gardien du camphrier », pas de meurtre, pas de cadavre, mais du mystère et de l’étrangeté à foison. Et des secrets de famille douloureux qui, à la faveur d’un événement inopiné, resurgissent au grand jour et bouleversent la destinée des personnages.

Héro de ce roman au parfum d’initiation, Reito Naoi n’a pas eu de chance. Né d’une liaison de sa mère avec un homme marié, devenu très jeune orphelin, élevé par sa grand-mère, il survit grâce à de petits boulots quand, à la suite d’un délit commis pour se venger d’une injustice, il se retrouve aux portes de la prison. C’est alors qu’intervint une tante dont il ignorait jusque-là l’existence. Elle lui propose d’arranger son affaire en échange d’un service. Il n’a rien à perdre, il accepte.

C’est ainsi que Reito Naoi devient le gardien officiel d’un vieux camphrier situé au cœur du sanctuaire Tsukisato. Mesurant quelque cinq mètres de diamètre et plus de dix mètres de haut, cet arbre centenaire est capable, selon la légende, d’exaucer les vœux et de se faire le messager des défunts. Il présente, sur son flanc, un trou dans lequel les visiteurs viennent se glisser pour prier et accomplir un rituel bien précis. Reito Naoi est chargé de les accueillir, de leur fournir des bougies et de les accompagner sur les lieux.

En quoi consiste le rituel? Il l’ignore, et sa tante refuse de le lui dévoiler. Alors qu’il aide une jeune fille déboussolée à enquêter sur le troublant comportement de son père, un habitué des lieux, Reito Naoi va peu à peu découvrir les secrets du camphrier tout en élucidant les énigmes entourant sa propre existence. Un roman aux allures de parabole, à la fois sobre et poétique et qui, comme souvent chez l’auteur, explore la terrible souffrance liée aux fractures béantes laissées dans l’existence par les tabous et les non-dits. Bref du très bon Higashino, à condition d’accepter de lâcher prise et d’oublier un temps la raison pour s’envoler sur les ailes de l’imaginaire et embrasser ainsi tout l’infini des possibles.

 

« Le Gardien du camphrier ». De Keigo Higashino. Traduit du japonais par Liza Thetiot. Actes Sud, 366 p.

Sur un autre roman de Keigo Higashino: https://polarspolisetcie.com/keigo-higashino-eclaire-les-secrets-de-famille/

 

Brillant auteur de polars maintes fois récompensé, le Japonais Keigo Higashino, né en 1958 à Osaka, ne s’interdit pas d’explorer d’autres territoires. Dans « Le Gardien du camphrier », pas de meurtre, pas de cadavre, mais du mystère et de l’étrangeté à foison. Et des secrets de famille douloureux qui, à la faveur d’un événement inopiné, resurgissent […]

La littérature coréenne se révèle parfois d’une cruauté brute et d’une violence quasi-insupportable. Elle peut aussi s’avérer bouleversante d’humanité, de respect, de tendresse.  « Les 8 vies d’une mangeuse de terre » de Mirinae Lee appartient à cette deuxième catégorie. Porté par un art de la narration littéralement envoûtant, ce roman complexe s’ancre, certes, dans la réalité tragique d’un pays malmené par l’histoire, mais comme pour mieux la sublimer.

Mirinae Lee est née et a grandi en Corée du Sud. Elle vit aujourd’hui à Hong-Kong et écrit en anglais. « Les 8 Vies d’une mangeuse de terre », son premier roman, s’inspire de la vie de sa grand-tante qui, comme le personnage principal du livre, avait réussi à fuir la Corée du Nord. Fiction ou réalité? Témoignage ou fantasme? Ce livre composé de huit récits, et dont les propos parfois se recoupent, laisse une place généreuse au doute et à la liberté d’interprétation du lecteur.

L’histoire commence dans une maison de retraite où travaille Lee Sae-ri, l’initiatrice d’un curieux projet: un « programme d’écriture nécrologique ». Parallèlement à ses tâches d’assistante de direction, cette femme un brin déprimée, récemment divorcée, sans enfant, « quarante-sept ans et des kilos en trop », propose aux pensionnaires de lui raconter leur vie. Encourageante, elle suggère à ceux qui peinent à le faire de la résumer en trois mots. C’est dans ce contexte d’une grande intimité qu’elle rencontre l’étonnante et troublante Madame Mook.

Esclave, terroriste, meurtrière et mère

Mook Miran est une vieille dame originale et dynamique. D’emblée, elle lance, pour se définir: « Je suis née japonaise, j’ai été nord-coréenne une bonne partie de mon existence, et maintenant je suis une Sud-Coréenne en fin de vie. » Elle ajoute aussitôt que trois mots, c’est vraiment trop peu, qu’il lui en faut d’avantage pour raconter les différentes facettes de son existence: « Esclave. Reine de l’évasion. Meurtrière. Terroriste. Espionne. Amante. Et mère ». De quoi mettre l’eau à la bouche de sa confidente. Et bien sûr du lecteur captivé et captif que nous sommes devenus dès les premières pages.

Erratique, bondissant, le roman commence en 1961, par la cinquième vie. Il se poursuit en 1938, dans le petit village de Heoguri, près de la banlieue nord de Pyongyang, avec le meurtre d’un père tyrannique et violent. Il intègre aussi cette déroutante révélation: « Je mangeais de la terre quand j’étais jeune ». Mais pas n’importe quelle terre. Et pour nous en convaincre, Mme Mook nous offre une longue, et délicieuse, description de la terre parfaite dont la « viscosité devait être celle d’un riz au jasmin cuit à la vapeur, suffisamment pâteuse pour former une cuillerée, mais assez friable pour être emportée par un souffle ».

Espionne pour gagner sa liberté

Le récit de l’exploitation sexuelle des femmes coréennes par les Japonais, puis par les Américains – terribles sévices auxquels l’héroïne parvient à survivre – représente l’un des moments les plus douloureux du livre. Mais il y est aussi question d’amour. Un amour magique, respectueux, délicat. Lumineux. Et paradoxalement basé sur la duplicité. Championne des changements de noms, jongleuse de vies, Madame Mook – comme sa fille du reste – va donc tout naturellement mettre ses talents au service du gouvernement nord-coréen et devenir espionne. Une manière comme une autre de passer de l’autre côté et, finalement de gagner sa liberté, n’obtenant « la nationalité sud-coréenne qu’une fois ses cheveux devenus gris ». Elle meurt dans la maison de retraite au Soleil-Couchant, quasi-centenaire … et la langue « couverte d’une couche de terre, tel du sucre acidulé sur un bonbon ».

 

« Les 8 Vies d’une mangeuse de terre ». De Mirinae Lee. Traduit de l’anglais par Lou Gonse. Phébus, 318 p.

La littérature coréenne se révèle parfois d’une cruauté brute et d’une violence quasi-insupportable. Elle peut aussi s’avérer bouleversante d’humanité, de respect, de tendresse. « Les 8 vies d’une mangeuse de terre » de Mirinae Lee appartient à cette deuxième catégorie. Porté par un art de la narration littéralement envoûtant, ce roman complexe s’ancre, certes, dans la réalité […]

Fines météorites lumineuses et fragiles, les histoires de la très grande écrivaine japonaise Yôko Ogawa – née en 1962 à Okayama – surgissent, telles de magiques étincelles, du discret frottement entre l’imaginaire et le réel. Toujours à la limite entre le possible et l’improbable, ses textes – romans et nouvelles – participent d’un émerveillement un peu triste. Ils disent des destins souvent scellés par la solitude, mais où une rencontre, soudain, fait dévier la trajectoire des habitudes.

« Scènes endormies dans la paume de la main », son nouveau recueil de textes courts évolue en spirale autour du théâtre, de la représentation au sens large, mais en les abordant par la bande, côté fantasmes. Il y est question d’une « ancienne actrice » qui a écrit à la main les répliques de « La ménagerie de verre » de Tennessee Williams sur sa vaisselle. Une autre, au moment de prendre sa retraite, achète un billet pour chaque représentation – soixante-dix-neuf au total – de la comédie musicale « Les Misérables ». Une troisième, dame de compagnie, est engagée par un vieil homme très riche comme « comédienne décorative » avec pour seule mission de vivre son quotidien sur la scène d’un faux théâtre. Plus résolument étranges et dérangeants, quelques textes mettent en scène des animaux participants eux aussi de réalités incertaines.

Chez Yôka Ogawa, la richesse et la complexité s’enracinent dans une grande simplicité stylistique. Les histoires s’enchâssent ou se télescopent avec un naturel confondant, « un siège de théâtre vide ressemble à une tombe », l’imagination s’envole sur les promesses illimitées d’une jupe à fleurs. Tout semble admis, permis, évident, mais la mort souvent rôde en coulisses comme dans des rêves qui, discrètement, frôlent le cauchemar.

 

« Scènes endormies dans la paume de la main ». De Yôko Ogawa. Traduit du japonais par Sophie Refle. Actes Sud, 288 p.

Fines météorites lumineuses et fragiles, les histoires de la très grande écrivaine japonaise Yôko Ogawa – née en 1962 à Okayama – surgissent, telles de magiques étincelles, du discret frottement entre l’imaginaire et le réel. Toujours à la limite entre le possible et l’improbable, ses textes – romans et nouvelles – participent d’un émerveillement un […]

Visiter le Japon en lisant « Le fil de l’espoir » de Keigo Higashino est un grand bonheur. Et une chance dont j’ai bénéficié. Le thé d’orge glacé, le poisson grillé, le riz arrosé d’un mélange d’igname râpé, d’œuf cru et de soja, même la gare d’Ueno où s’arrête le Shinkansen – le TGV nippon – emprunté par l’un des enquêteurs, tout y prend une épaisseur inédite. Mais rassurez-vous, le dernier polar du grand auteur japonais peut aussi se déguster bien au chaud depuis chez soi.

Avec une tasse de thé vert, toutefois, car les livres de Keigo Higashino se revendiquent d’un temps long. Ils cultivent joyeusement l’erreur et l’errance, valorisent le doute, n’hésitent pas à chercher un sens à ce qui apparemment n’en a pas, bref mettent à mal certains clichés trop vite associés au Japon. Dans ce nouveau roman, Keigo Higashino reste par ailleurs fidèle à la figure complexe et mystérieuse de l’inspecteur Kaga Kyōichirō. Affecté désormais au commissariat de secteur de l’avenue Meguro-dōri, il est le supérieur de son ami et cousin Matsumiya Shūhei.

Un père et une demi-sœur inconnus

Or voilà que ce dernier se retrouve au centre de l’une des deux énigmes qui servent d’armature au récit. Il vient de recevoir, d’une inconnue, un appel qui pourrait bouleverser son existence. Le père de cette femme, qui est mourant, a reconnu Matsumiya comme son fils.  Un choc pour ce dernier qui croyait son père décédé depuis longtemps. Son cousin Kaga tombe lui aussi des nues. Interrogée à son tour, sa propre mère se réfugie dans le silence. Le jeune policier se retrouve donc bien seul face à l’une des enquêtes les plus douloureuses de sa carrière: le mystère de son origine.

Matsumiya n’a toutefois pas beaucoup de temps à consacrer à sa vie privée. Le devoir – son travail – l’appelle sur une autre enquête. Une femme a été sauvagement assassinée dans le quartier de Jiyūgaoka. Hanazuka Yayoi y tenait un salon de thé fort apprécié pour la qualité de son accueil et de ses pâtisseries. Ironie de l’affaire, elle a été tuée par le couteau à lame longue et très pointue qu’elle utilisait pour couper les gâteaux mousseline.

Un cambriolage qui a mal tourné ? Peu probable, car rien n’a été dérobé. Une jalousie, une rancœur ? Cette fringante quinquagénaire semblait aimée de tous. Paradoxalement alertés par cette pluie d’éloges, Matsumiya et Kaga commencent à fouiller dans son passé. Ils s’interrogent sur les sentiments d’un habitué, l’un des rares hommes à fréquenter régulièrement le salon de thé. L’ex-mari de Yayoi, brusquement resurgi dans sa vie, semble lui aussi suspect. Le lecteur, élégamment mis sur la piste par l’auteur, possède un peu d’avance sur les enquêteurs. Sans forcément parvenir à mettre des mots et des noms sur ses intuitions, il se doute instinctivement – un thème cher à Keigo Higashino – que derrière cette mort inexpliquée se cache un autre secret de famille évadé du silence forcé dans lequel il avait été verrouillé.

Mais la vérité est-elle forcément bonne à dire, surtout quand il s’agit de paternité ? Pour révéler la vérité au sujet d’un crime, la police a-t-elle le droit de dévoiler le secret d’un tiers ? Comme toujours, Keigo Higashino préfère l’ouverture des questions à la clôture des affirmations. Sa réponse, une réponse, il nous la réserve pour la toute fin. Délicatement. En cadeau.

 

« Le fil de l’espoir ». De Keigo Higashino. Traduit du japonais par Sophie Refle. Actes Sud, coll. « Actes noirs », 364 p.

Visiter le Japon en lisant « Le fil de l’espoir » de Keigo Higashino est un grand bonheur. Et une chance dont j’ai bénéficié. Le thé d’orge glacé, le poisson grillé, le riz arrosé d’un mélange d’igname râpé, d’œuf cru et de soja, même la gare d’Ueno où s’arrête le Shinkansen – le TGV nippon – emprunté […]

A propos de ce blog

Scènes et mises en scène: le roman policier, l’architecture et la ville, le théâtre. Passionnée de roman policier, Mireille Descombes est journaliste culturelle indépendante, critique d’art, d’architecture et de théâtre.

Photo: Lara Schütz

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