Si l’on aime la justice et la liberté, il n’est pas aisé de vivre dans la Rome fasciste de 1924. Et plus encore quand on est journaliste. Giorgio Zampalini, dit Greco, le héros de «Les Monstres de Rome » de Maxime Lepelletier, n’est certes pas une star. Chargé des « Chroniques de Rome » du Corriere d’Italia, un véritable fourre-tout, il lui arrive toutefois de dépanner un collègue plus en vue en enquêtant à sa place. Il dispose aussi, pour son malheur, d’une relation haut placée dans le parti de Mussolini, un homme sans scrupule qui fut son capitaine pendant la guerre. Sous la menace de faire du tort à son frère homosexuel, et en échange de quelques billets, ce dernier contraint Greco à découvrir sans délai l’identité d’un monstre qui viole et tue impunément des petites filles et met tout Rome en émoi.

En ce chaud mois de juin, un autre scandale occupe également les esprits : la disparition de Giacomo Matteotti, député socialiste et opposant déclaré au fascisme. Enquêtant officieusement sur les deux affaires, Giorgio Zampalini va se retrouver dans les situations les plus rocambolesques et les plus dangereuses. Il prend tous les risques pour sauver des innocents, s’infiltre dans les hautes sphères du pouvoir et de la société, prend des leçons chez un ancien boxeur devenu prêtre et se retrouve même incarcéré à la prison Regina Coeli. L’occasion pour l’auteur, un libraire passionné d’Histoire et grand admirateur de l’écrivain Philip Kerr, de nous offrir un portrait nuancé, complexe et informé de ce que fut cette époque. Un roman qui mêle habilement la réalité à la fiction, qui a été distingué par le Prix du Masque français de l’année et dont l’auteur, déjà, nous promet la suite.

 

« Les Monstres de Rome ». De Maxime Lepelletier. Editions du Masque, 474 p. En librairie le 9 septembre.

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Mireille Descombes

Scènes et mises en scène: le roman policier, l'architecture et la ville, le théâtre. Passionnée de roman policier, Mireille Descombes est journaliste culturelle indépendante, critique d'art, d'architecture et de théâtre.

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Photo: Lara Schütz

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