La période de Noël semble inspirer les auteurs de polars. L’Islandais Arnaldur Indridasson l’avait choisie comme cadre de l’un de ses meilleurs livres, «La Voix». Veit Heinichen, à son tour, y situe son dernier roman policier, «La raison du plus fort», le sixième traduit en français. Pour ceux qui aurait manqué les précédentes aventures de son héros, l’attachant commissaire Proteo Laurenti, rappelons que Veit Heinichen est Allemand, né en 1957, mais qu’il vit depuis de nombreuses années à Trieste, dont il a fait l’âme et le décor de ses livres.
En ce mois de décembre 2007, donc, Trieste s’apprête à passer le cap d’une année nouvelle mais, surtout, à fêter l’intégration de la Slovénie dans l’espace Schengen. On imagine les souvenirs et les histoires enfouies qu’un tel événement fait surgir. On se doute aussi que, dans cette région frontalière propice à tous les trafics, certains vont en profiter pour régler leurs comptes. Rien n’est simple et tout se complique quand un chien dressé au combat s’en prend au mignon pied d’une cycliste qui n’est autre que l’inspectrice Giuseppina Cardareto, alias Pina, la collaboratrice calabraise du commissaire Laurenti. Et quand cette dernière tombe amoureuse de son sauveur, Sedem, le fils d’un personnage richissime et des plus douteux, on s’attend au pire. Laurenti réussira-t-il finalement à fêter Noël en famille? Pour le savoir, il faudra patienter, mais comme d’habitude pour nous y aider, Veit Heinichen nous emmène déguster quelques bons plats et crus du cru dans les meilleures petites auberges du coin. Existent-elles vraiment ? A vérifier.
«La raison du plus fort». De Veit Heinichen. Seuil, 301 p.