Une petite grippe, un rhume? L’air du grand large vous fera du bien. Prenez la mer, la grande, la sauvage, la vraie, et rejoingnez Marko Vorodine, sur l’île bretonne de Belz, au large de Lorient. Recruté par un pêcheur au moyen d’une petite annonce, ce clandestin ukrainien qui se fait passer pour un Grec s’y réfugie pour échapper à la mafia roumaine qui veut sa peau. Un endroit idéal, plutôt sauvage l’hiver, curieusement baptisé par les locaux « l’île des fous ». Le bureau de poste y ressemble à ceux de son pays: « Haut de plafond, un carrelage gris au sol, une toile jaune aux murs, décollée à plusieurs endroits, un petit espace cubique équarri par une lumière crue dispensée par quatre néons vissés au plafond. »
Comme partout, le bistrot est à Belz le centre de la vie sociale. Mais c’est à la librairie que Marko va passer ses quelques loisirs, fasciné par la personnalité de son propriétaire, un homme un peu allumé et passablement alcoolique qui lui raconte de terrifiantes légendes locales. Il y est notamment question de l’Ankou, l’ange de la mort, que Marko lui-même croit avoir croisé un jour. Etait-il venu lui annoncer sa mort prochaine? Entre les hallucinations de certains et les manipulations de ceux qui, apparemment, souhaitent lui voir tourner le dos, la vie de Marko se complique. Et le tueur est toujours à ses trousses.
Viol sordide, règlements de compte, meurtre, suspense, amour, le tout saupoudré d’une bonne dose de fantastique, « Terminus Belz » du français Emmanuel Grand réunit tous les ingrédients d’un bon polar. Et c’est une belle réussite pour un premier roman, en dépit de petites maladresses.
« Terminus Belz ». D’Emmanuel Grand. Liana Levi, 365 p.