Un rythme allègre, mais qui sait prendre le temps de l’évocation. Un style fluide et une intrigue bien construite. Des enquêteurs un brin déjantés mais attachants. Pas de doute, « L’Age d’or » est un bon polar, le deuxième de Leo Giorda qui, né en 1994, a grandi à Rome. Un écrivain déjà fort apprécié et qui incarne avec une certaine élégance la nouvelle génération du roman policier italien.
Esprits trop rationnels, puritains ou chagrins, passez toutefois votre chemin ! Woodstock, alias Adriano Scala, le privé imaginé par Giorda, n’est pas à proprement parler politiquement correct. Outre par son goût immodéré pour la bouteille, il se distingue par le fait qu’il a « recours à des drogues pour activer ses pouvoirs de déduction ». Un « don » découvert à l’adolescence et qui, cette fois-ci, va lui valoir de sérieux ennuis.
Séduit par l’écho médiatique de sa première enquête (voir « L’Ange gardien »), Woodstock ne s’est pas assez méfié des journalistes. C’est ainsi que, lors d’une interview télévisée, le présentateur fait allusion à son habitude de chercher la vérité dans la fumée d’un, voire de plusieurs joints. Instituteur de profession et passionné par son métier, notre héros est aussitôt licencié. Cet homme un peu hippie qui, à trente-huit ans passés, vit encore chez sa mère, plonge alors dans la déprime et l’alcool.
Pas pour longtemps, toutefois, rassurez-vous ! Woodstock est tiré de sa léthargie par un coup de fil inattendu. Rebecca Bagni Valdifiori, la femme richissime d’un mafieux notoire, lui demande d’enquêter sur le suicide présumé de sa fille. Lavinia a été retrouvée noyée à Sperlonga, village côtier de la mer Tyrrhénienne, situé entre Rome et Naples. Ni la police, ni le médecin légiste n’ont eu le moindre doute. Sa mère s’interroge et cherche à comprendre. Woodstock se rend rapidement sur place, chaperonné par l’ex-vice-questeur Giacomo Chiesa, rencontré lors de sa précédente enquête et qui, lui aussi, se trouve au chômage.
Sur place, logé chez Rebecca Bagni Valdifiori dans une immense villa aux allures d’« horreur écologique », ce duo improbable réussit à faire des merveilles. Alors que d’autres suicides de jeunes gens s’ajoutent au premier, ils découvrent que, sous couvert d’un culte à Saturne, les victimes trop crédules ont fait l’objet d’une manipulation aussi perverse qu’impitoyable. Après quelques repas fins et, pour Woodstock, après un trip aux champignons hallucinogènes, les deux enquêteurs improvisés finissent par faire arrêter les coupables. Et tant pis si c’est le commissaire local qui, après leur avoir prêté main-forte, s’en arroge finalement le mérite.
« L’Age d’or ». De Leo Giorda. Traduit de l’italien par Emeline Plessier. Editions Gallmeister, 262 p.
Une réponse
Et comme toujours dans la collection Totem de Gallmeister des traductions de l’italien particulièrement soignées (Emeline Plessier)…